Disque ami :
Adam Linz, A kiss for luck

L’album de contrebasse solo arrive toujours comme un trésor longtemps désiré, un moment caché révélé, cet espoir intérieur que l’on finit par oublier bouffé par la survie, ce haut degré de confidence qui fait tant de bien. L’album de contrebasse solo est une boîte intime. On dit l’exercice risqué, il l’est autant que les aveux profonds et l’écoute des coeurs battants.

Barre Phillips, Marteen Altena, Barry Guy, Jean-François Jenny-Clark, Claude Tchamitchian, Reggie Workman, Anthony Cox, Joëlle Léandre, Kent Carter, François Rabbath, Léon Francioli, Peter Kowald s’y sont exposés avec centre. Adam Linz, le vaillant contrebassiste de Fat Kid Wednesdays, un des piliers solides de la vie musicale des Twin Cities, livre ici son deuxième mémoire solitaire en un EP de quatre titres précisément intitulé :
A kiss for luck.

Quatre directions ! De tous les vœux, de toutes les espérances, de toutes les observations, voilà bien les plus sûres, les plus propices à regarder le ciel à l’endroit, à trouver sa route, quatre directions dont deux sont empruntées au terroir ancien (Ornette Coleman) ou récent (Jim Black) et deux des nouvelles évocatrices, histoire d’avoir les bonne marques. Le geste est ample et assuré, il joue en un doigté précis avec les contrejours et la lumière ronde. Il y va. Et l’homme chante et pique et colle et gramme avec âme. Le baiser porte chance. Si nous nous trouvions dans un journal de Jazz, nous terminerions ce petit billet par INDISPENSABLE. On ne saurait mieux dire pour cet hymne à voix basse.


Adam Linz, A kiss for luck - Larusso 01