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Nous savons qu’il
existe une maison du dictionnaire et un dictionnaire de
la maison. La maison nato a donc eu envie de
rassembler ses mots : autant de codes, de clés,
de signes et d'intentions qui relient et rallient. Réverbères
du chemin des écoliers, ceux du diconato éclairent
un peu davantage la syntaxe fantaisie de ce langage incontrôlé.
Choisissez un mot ci-dessous :
Soldat : n. m.
Personne qui sert comme élément militaire dans une armée constituée. On le
reconnaît grâce à sa capacité à obéir. (Dés)identifié par un uniforme faisant
disparaître sa personnalité au profit d’un anonymat dont la qualité supposée
est d’être prêt à mourir pour une cause déterminée par ses chefs, il est
assimilé par ses supérieurs au pion sur le jeu d’échecs. Le soldat touche une solde
pour participer activement aux horreurs de la guerre (summum de la stupidité
des hommes) et en subir les conséquences directes. Lorsqu’il n’en meurt pas, il
en ressort essentiellement traumatisé. De l’Antiquité jusqu’à l’abolition de
l’esclavage, les états-majors recrutaient volontiers les soldats parmi les
esclaves qui se voyaient affranchis en échange (ce fut le cas de Toussaint
L’Ouverture). Cette tradition persiste de nos jours. Une ascension sociale facile
est souvent mise en avant pour convaincre les plus défavorisés à l’engagement
militaire. L’être souffrant d’être ridicule et méprisé devient une proie facile pour le recrutement flattant sa puissance supposée. Le passage du statut
servile au statut disciplinaire et contraignant est sans doute le plus déprimant
progrès de l’histoire de l’humanité. Le mot soldat est aussi parfois utilisé
par des groupes plus ou moins militairement organisés pour servir des causes
aux aspirations diverses, on lui préférera le terme de résistant.

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