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Nous savons qu’il
existe une maison du dictionnaire et un dictionnaire de
la maison. La maison nato a donc eu envie de
rassembler ses mots : autant de codes, de clés,
de signes et d'intentions qui relient et rallient. Réverbères
du chemin des écoliers, ceux du diconato éclairent
un peu davantage la syntaxe fantaisie de ce langage incontrôlé.
Choisissez un mot ci-dessous :
Oeil : n. m.
L'œil, organe physique sert à voir, regarder, scruter et contempler. Il a ses coquetteries, celle, par exemple, d'avoir un mot pluriel (yeux) tout à fait différent de son mot singulier - la seule lettre commune se colle singulièrement à l’o. C'est que la vision à deux yeux diffère drastiquement du monoregard entraînant d'impressionnantes variations de point de vue (l'usage su stéréoscope en atteste). Polyphème, cyclope trompé par Silène puis par Ulysse, en fera les frais. D’abord utiles pour différencier la lumière de l'obscurité, les yeux peuvent - notamment chez certains mammifères - permettre d'apprécier formes, volumes et couleurs. Pratiques pour la lecture et le cinéma, ils recèlent un pouvoir galvanisant par le simple fait de se lever ou se baisser ("Quand je lève les yeux vers vous on dirait que le monde tremble" - Antonin Artaud). Il faut veiller à ne pas en abuser sans pour autant les garder dans sa poche : les vouloir par exemple plus gros que le ventre n'améliore nullement la clairvoyance, mais rend bien malade (ne pas prendre ni rendre l'œil pour une dent). Une belle vue n'empêche pas les nombreux trompe-l'œil qui se pressent malicieusement devant nos mirettes. Leur très brève ouverture - le clin d'œil - recèle de formidables surprises souvent assez drôles. L'œil ne sert pas qu'à voir. Lorsque tout est dépeuplé, il ne nous reste bien souvent plus que nos yeux pour pleurer. En situation angoissante, il est conseillé de les emmitoufler pour ne pas qu'ils prennent froid et préférable de ne pas regarder avec les yeux d'autrui.

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