Nous savons qu’il existe une maison du dictionnaire et un dictionnaire de la maison. La maison nato a donc eu envie de rassembler ses mots : autant de codes, de clés, de signes et d'intentions qui relient et rallient. Réverbères du chemin des écoliers, ceux du diconato éclairent un peu davantage la syntaxe fantaisie de ce langage incontrôlé.


Choisissez un mot ci-dessous :



Masque : n. m.

Le mot masque est bien plus récent que son ancestral objet. S'il est admis de lui reconnaître une origine italienne au XVIe siècle (maschera), d'autres prémices plus anciennes, plus masquées peut-être, sont discutées par les chercheurs en mots : le maskh arabe ou le masco occitan. Le masque, pièce d'étoffe, de bois ou de carton (ou plus récemment de plastique), sert à dissimuler le visage, à en altérer l'identité, à le faire passer pour autre ou encore à en aider l'incarnation nouvelle en un ou une autre. Parure idéale, tonique voire excitante, répondant au besoin d'être autre pour mieux être soi-même, le masque triomphe dans les carnavals, les jeux amoureux ou les hold-up. Popularisé par de célèbres justiciers, Robin des bois, Zorro, Arsène Lupin, William Rockwood (V pour Vendetta) ou Fantômette, cet objet du grand théâtre et tous ses doubles devient également le jouet de personnalités troublantes telles celles de Belphégor, Batman, Catwoman ou Fantômas (bandit cubiste célébré par les surréalistes). Aussi nécessaire que la plume de l'écrivain, le masque permet également à l'être humain de se vivre en esprit (ou de faire exister les esprits à travers lui), en animal ou même en dieu (avec le masque on ne mégotte jamais). Les animaux les plus avertis - le raton laveur ou le bien nommé fou masqué par exemple - portent un masque dès la naissance. Il peut servir à se protéger (en escrime, à l'hôpital ou dans les tranchées) ou à cacher certains aspects physiques difficiles à vivre (Le masque d'Edith Scob dans Les yeux sans visage de Georges Franju). Contrairement à une idée répandue, le port du masque va à l'encontre de l'anonymat, il personnalise fortement en apostrophant l'affadissement généralisé de visages qui ne répondraient plus qu'à quelques données programmées. Les états débordants d'autorité ont tendance à interdire les masques (dans les manifestations publiques par exemple, masques contre casques) pour mieux cacher leurs propres malversations. La société "transparente" ennemie du rêve et de la vérité tend à bannir le masque trop bien porté. Comme l'indiquait Oscar Wilde à un de ses amis : “L'homme est moins lui-même quand il est sincère, donnez-lui un masque et il dira la vérité.





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