Nous savons qu’il existe une maison du dictionnaire et un dictionnaire de la maison. La maison nato a donc eu envie de rassembler ses mots : autant de codes, de clés, de signes et d'intentions qui relient et rallient. Réverbères du chemin des écoliers, ceux du diconato éclairent un peu davantage la syntaxe fantaisie de ce langage incontrôlé.


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Something : pronom indéfini angl. (quelque chose)

Il fallait bien donner un nom à l’objet indéterminé si souvent désigné et dont l’existence est prouvée, ce qui le plus souvent ne nous avance à pas grand chose. En anglais comme en français, « quelque chose » et « something » sont fabriqués de deux mots qui suffisent à la compréhension directe. Comme bien des termes, Something est aussi devenu populaire grâce à une chanson, celle composée par le Beatle George Harrison en 1968 figurant en bonne place un an plus tard dans Abbey Road, dernière aventure enregistrée des Fab Four. Pour indéfini qu’il soit, le titre, dédié à Patti Boyd, fut néanmoins le plus marquant pour Harrison qui vit là l’occasion de son premier single en face A (et son premier n°1). Souvent dans les studios d'enregistrement de musique, lorsque ça faiblit, pour garder le cap, quelqu’un dit « play something », ce qui peut constituer une garantie pour semblable titre d’être copieusement repris. Elvis Presley, Ray Charles, Frank Sinatra, (pour lui « la meilleure chanson d’amour »), the O’Jays, James Brown, Smokey Robinson, Julio Iglesias, Peggy Lee, Booker T. & The M.G.'s , Isaac Hayes, Ike and Tina Turner, Gilberto Gil & Milton Nascimento , Willie Nelson, Buddy Rich, Erroll Garner, Liberace ou Joe Cocker (à qui elle était destinée avant qu’Harrison ne décide de l’interpréter lui-même) en ont fait des reprises (la plupart dans le premier temps de vie réel de la chanson entre 1969 et 1972). Harrison la chantera lors de son Concert pour le Bangla Desh accompagné par un orchestre de bons copains (Jesse Ed Davis, Eric Clapton, Klaus Voorman, Ringo Starr, Jim Keltner, Billy Preston, Leon Russell etc). Ce fut le premier grand concert rock de charité. Par la suite, le genre n’a pas toujours apporté de grandes choses aux premiers intéressés. D’autres artistes ont eu, avant ou après (le plus souvent) le chanson d’Harrison, l’idée vague de nommer un titre « Something ». Tous ont réussi à échapper à l’influence de Nietzche (« l’homme : quelque chose à dépasser ») : Guillaume de Chirac, Georgie Fame, John Mayall, Al Green, The Stranglers, Everyday Sunday, Maarten Altena et surtout Duke Ellington qui composa un « Something » (à ne pas confondre avec son classique « Something to live for » ou son plus discret « Something Sexual ») qui figure dans les deux suites de 1971 Goutelas et Togo Brava Ce « Something » connut infiniment moins de reprises que celui de l’auteur de All things must pass. On signalera chauvinement celle de Benoît Delbecq qui est vraiment un sacré truc et nous conforte dans l’idée de Lewis Carroll « qu’un nom doit toujours signifier quelque chose ».





Benoît Delbecq - Crescendo in Duke
Maarten Altena Quartet - Miere