Frédéric Pierrot par B. Zon
Frédéric Pierrot

Frédéric Pierrot : voix

Dans le film Land and Freedom de Ken Loach, Bernard est un volontaire français venu se battre comme l’avait fait George Orwell, dans les milices du POUM. Bernard a marqué les esprits et restauré quelques espoirs pour des jeunes trop timides. Bernard était joué par Frédéric Pierrot.

« Je suis né le 17 septembre 1960 à Boulogne-Billancourt... Et nous pourrions décider d’en rester là.
 Il y a des occurrences à ma naissance en ce lieu, à cette date. Il est nécessaire de les évoquer. 
Je suis jeune pour parler de l’histoire familiale sans tenir compte du point de vue de ceux dont je raconte aussi l’histoire, et qui la raconteraient différemment.
 Je me fais pourtant, petit à petit, à l’idée de raconter certaines choses de mon point de vue, synthèse de celui de l’enfant et de celui de l’adulte. »

Jeune, le cinéma l’anime et la musique s’immisce.

« Il pouvait s’agir de films populaires des années 70, les Charlots, les Bourvil-De Funès, les Melville, Leone etc... avec beaucoup de retard sur la sortie nationale mais on s’en foutait puisqu’on ne savait pas qu’elle existait, ou des films qu’on n'était pas autorisés à aller voir, des pornos à affiches rose, des films de vampire dont nous dégustions les bandes annonces jusqu’à ce que Christopher Lee place le pieu à la merveilleuse naissance des seins pâles de sa victime avant pénétration, celle-ci étant bien entendu réservée à ceusse qu’avaient payé.

L’habitude ayant été prise d’aller au cinéma avec quelques copains et copines, ma mère avait jugé juste que j’y sois bien vêtu, et pour se faire m’avait proposé de choisir un costume à la boutique “Au goût normand” jouxtant le cinéma. Je ne risquais pas d’y trouver les frusques de Charles Bronson ou Clint Eastwood et mon option fut celle d’un costume bleu entre azur, bleu-ciel et fleur de lin de toile de coton évoquant de très loin le tissage du jean, non encore autorisé à mon âge, et dans les circonstances de 68, le jean eut été vraiment trop proche de la tenue des satanés étudiants... Bref, poches au carré, boutons boutonnés (l’acnée vint plus tard), assez rapidement, j'assumais mal cette couleur quasi phosphorescente, au milieu de mes copains dont les mères insouciantes laissaient ceux-ci sortir un Samedi comme s’il s'était agi de n’importe quel jour ! Mes sentiments basculaient selon les circonstances et la compagnie de la gêne à la fierté.

Ce cinéma était aussi le lieu requis pour les remises de prix en fin d’année, organisées par les directeurs d’école et de collège en la présence du conseil municipal. Mon père en faisait partie. Il demandait donc parfois à ses collègues, j’ai souvent eu des prix de ceci ou cela, de me remettre lui-même la récompense. Moiteur des aisselles, j’y reviendrai, tremblements de mains, plaisir et honte se mêlaient en un cocktail inconnu.
 Lorsque l’écran ainsi que son rideau de publicité était roulé dans les cintres, une scène en faisait le théâtre de nos représentations de flûtes à bec, « El condor pasa » version Simon et Garfunkel and so on – j’avais à l’époque déjà une propension à souffler dans tout ce que je me procurais chez le marchand d’instruments de Dieppe, flûtes celtiques, des Andes etc... Pas seulement pour impressionner les filles mais un peu quand même et je reviens là à ces moments extatiques, où, privé pour l’instant de souffler et attendant mon tour dans une des travées de la salle, je collais mon épaule à celle de Laurence qui l’acceptait secrètement pour une très longue et significative durée, de sorte que nos humidités personnelles saturaient cette zone de contact me permettant de l’humer des jours durant. 
»



Un voyage aux USA sera une raison d’émerveillement faisant oublier les mathématiques supérieures auxquelles il se destinait. Il travaille comme machino sur les plateaux de cinéma et prend des courts de comédie. En 1986, il joue dans Manège, un court métrage de Jacques Nolot et trois ans plus tard dans La vie et rien d’autre de Bertrand Tavernier, réalisateur qui lui sera fidèle. L’humanité flagrante de son jeu, affirmée avec Ken Loach, le conduit vers Capitaines d'avril de Maria de Medeiros (à propos de la Révolution des Œillets au Portugal). Puis c’est la rencontre avec Jean-Luc Godard pour For Ever Mozart et Bertrand Blier (Mon homme).

En 2001, il partage l’affiche avec Nathalie Richard dans l’inoubliable Imago de Marie Vermillard. Emmanuelle Cuau, Laurence Ferreira Barbosa, Laurent Cantet, Gilles Bourdos, Robin Campillo sont quelques autres réalisateurs d’une vague nouvelle qui lui offre de beaux rôles.

On le retrouve aussi dans Les Fourmis rouges (2006) de Stephan Carpiaux, puis dans Parlez-moi de la pluie d'Agnès Jaoui (2007) et Il y a longtemps que je t'aime (2008) de Philippe Claudel.

Après un détour par la télévision (L'État de Grace, Opération Turquoise, Adieu De Gaulle), Frédéric Pierrot marque son retour sur grand écran avec Elle s'appelait Sarah de Gilles Paquet-Brenner autour de l'épisode du Vel d'Hiv. Il y retrouve Kristin Scott Thomas.

En 2011, il tourne dans deux films présents au Festival de Cannes : La guerre est déclarée de Valérie Donzelli et Polisse de Maïwenn qui lui vaut une nomination aux César.

La musique, le chant sont intimement présents dans le parcours de l’acteur. Il interprète Prévert avec Henri Texier, constitue un duo avec le batteur Christophe Marguet à propos de Pessoa.

En 2013, il rejoint la petite troupe des Chroniques de résistance avec Tony Hymas, participe à l’enregistrement du disque ainsi qu’à la première de ces "Chroniques" au festival Kind of Belou de Treignac, où, en quelque sorte, l'on retrouve le "Bernard" de Land and Freedom. No Pasaran !






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