Victor Brox
Victor Brox : chant, cornet, piano, guitare...
Né le 5 mai 1941 dans le Lancashire à Ashton-under-Lyne d’un père assureur et d’une mère professeur de danse, Victor Brox a d’abord joué du trombone au collège avant d’étudier la philosophie à l’université. Mais très vite il s’est diversifié dans la pratique du violon, de la trompette, des claviers, de la guitare, comme des instruments fabriqués avec les ustensiles quotidiens. Le chant l’habite et il rencontre le blues en écoutant Roseta Tharpe à Manchester en 1964. Pour elle et son groupe, il trouve un gig supplémentaire au café Chico’s Bossa Nova. En 1965, il se marrie avec la chanteuse de soul Annette Reis et ensemble enregistrent le single « I’ve Got the World ». Victor Brox devient une figure clé du British Blues avec le Victor Brox Blues Train où chante aussi Annette. À Manchester il joue avec les bluesmen américains de passage comme Little Walter ou Screamin’ Jay Hawkins ou Muddy Waters. Alexis Korner – à qui la scène anglaise du blues au jazz, du blues au rock doit tant – le remarque et l’invite à venir à Londres rejoindre son groupe. Rapidement le voilà chanteur de l'orchestre d’Aynsley Dunbar Retaliation (quatre albums). Jimi Hendrix jamme souvent avec le groupe (ce qu’il fit également à New York où, une nuit en particulier est restée dans bien des mémoires, Retaliation y fut rejoint non seulement par Hendrix, mais aussi Richie Heavens, Janis Joplin et Leonard Cohen). Hendrix et Tina Turner, lors de leurs séjours en Angleterre ont décrit Brox comme le meilleur chanteur de blues blanc. Avec Graham Bond il enregistre Holy Magick et avec Screaming Lord Sutch, Hands of Jack the Ripper en 1972. En 1974, il signe avec Annette l’album Rollin’ Back
C’est dans la première version du pour le moins étrange opéra rock Jesus Christ Superstar, composé par Andrew Lloyd Weber sur des textes de Tim Rice, que Victor Brox atteint une sorte de célébrité en endossant le rôle du grand prêtre Caïphe. On se souvient de la voix grave de son « This Jesus must die » quand son copain Ian Gillan prêtait son organe au Jesus en question. Il joue avec Graham Bond, compose « Warning » qui figure sur le premier album de Black Sabbath.
En 1987, Lol Coxhill fait appel à lui pour son Before my time aux côtés de Paul Rutherford, Dave Green, Bruce Turner, Stan Greig.
Parmi ses nombreuses autres collaborations, on peut citer Dr. John (il figure sur The Sun, Moon & Herbs où joue également Eric Clapton, mais contrairement à ce qui est écrit souvent, Victor Brox n’a jamais joué avec Clapton pour raison de profonds désaccords politiques), John Mayall (producteur d’un album de Retaliation), Charles Mingus (à Ibiza), Ritchie Blackmore, Memphis Slim, Country Joe McDonald, Peter Bardens, Keith Moon, Dave Wood, Andy Long, Bill Coleman, Tete Montoliou, Marzetta Watts, Nico...
On le retrouve en 2020 dans la bande originale du film Am Rande der Zeiten de Jörg Reichlin.
Le 20 février 2023, celui que Mike Butler dans le Guardian a surnommé le blues Baron Münchausen, tire sa dernière révérence.
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